cette grande lecture

#intermède

Pessac 26/10/2021 23:47
cette grande lecture
depuis toujours
et l’ombre des arbres
plus froide et plus longue
chaque jour
sous les paupières du ciel
le vent
mais pas de dernière page
rien

et ce commentaire d’Angélique Mottet :
Retour
De
L’épure
Des
Mots.
Merci

La voix

Souvenir Facebook Mercredi 31 octobre 1918
La Voix
Une voix, une voix qui vient de si loin
Qu’elle ne fait plus tinter les oreilles,
Une voix, comme un tambour, voilée
Parvient pourtant, distinctement, jusqu’à nous.
Bien qu’elle semble sortir d’un tombeau
Elle ne parle que d’été et de printemps.
Elle emplit le corps de joie,
Elle allume aux lèvres le sourire.
Je l’écoute. Ce n’est qu’une voix humaine
Qui traverse les fracas de la vie et des batailles,
L’écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages.
Et vous ? Ne l’entendez-vous pas ?
Elle dit « La peine sera de courte durée »
Elle dit « La belle saison est proche. »
Ne l’entendez-vous pas ?
Robert Desnos – Contrée (1936-1940)

Jacques Dupin lit « Gravir »

Souvenir Facebook Mardi 31 octobre 2017

Jacques Dupin lit des extraits de « Gravir » (éditions Gallimard), le 21 avril 2010, lors d’un entretien avec Jean-Michel Maulpoix,- « La Poésie pour quoi faire? »-, à l’invitation de la Maison des écrivains et de la littérature (MEL), au Petit Palais à Paris.

Dante : « Béatrice regardait en moi, et moi en elle »

Souvenir Facebook  Lundi 30 octobre 2023
 
« Béatrice regardait en moi, et moi en elle ;
et dans le temps peut-être qu’une flèche
s’arrête, et quitte l’arc,
je me vis arrivé là où une merveille
attira mes yeux ; et alors celle
de qui ma pensée ne pouvait se cacher,
tournée vers moi, joyeuse autant que belle :
« Dresse ton esprit reconnaissant vers Dieu »,
dit-elle, « qui nous a joints à la première étoile. »
Il me semblait qu’un nuage nous couvrait,
brillant, épais, dense et poli,
comme un diamant frappé par le soleil.
A l’intérieur de soi cette perle éternelle
nous reçut, comme l’eau reçoit
un rayon de lumière en restant close. »
 
Dante, La Divine Comédie, Le Paradis, II, 22-36
(traduction Jacqueline Risset)