Philippe Jaccottet, En personne

Souvenir Facebook Dimanche 8 octobre 2017

Philippe Jacottet, En personne, RTS, 21 avril 1975

un poème est « de tels accords de sonorités, de pensées, d’images, de sons, de sentiments et de sensation, si merveilleusement combinés qu’ils attestent -contre les conditions les pires- qu’il peut y avoir pour l’homme une espèce d’ordre caché, d’ordre secret du monde ».


En 1975, l’émission En personne marche dans les pas du poète Philippe Jaccottet installé à Grignan dans le sud de la France. L’on y découvre ainsi un Jaccottet intime, entouré de sa famille, de ses amis, d’intellectuels proches de son oeuvre qui dressent le portrait de l’homme et de l’écrivain.

Et Philippe Jaccottet livre avec conviction ce qui fait le secret de la poésie: un poème est « de tels accords de sonorités, de pensées, d’images, de sons, de sentiments et de sensation, si merveilleusement combinés qu’ils attestent -contre les conditions les pires- qu’il peut y avoir pour l’homme une espèce d’ordre caché, d’ordre secret du monde ».

Réalisateur : Liliane Annen

Journaliste: José Roy

https://notrehistoire.ch/documents/01k81btzx2x9ms9vt7hv00t8mr

A Niort, avec Claude Andrzejewski et Jean-Claude Pirotte

Souvenir Facebook Dimanche 6 octobre 2024

A Niort, avec Claude Andrzejewski et Jean-Claude Pirotte. « Un ami trop grand ». Tout à l’heure ce livre te servira de guide au Musée Bernard d’Agesci. Je pense que ça va être une belle visite. Derrière toi, sans doute, le fantôme de Jean-Claude. Une histoire de miroirs. Encore.

>> Visite virtuelle du musée Bernard d’Agesci de Niort

>> Visite virtuelle du musée Bernard d’Agesci de Niort

Au bout de la nuit il y a une chambre…

Souvenir Facebook Jeudi 6 octobre 2022
 
Pessoa
 
Au bout de la nuit il y a une chambre toujours qui reste éclairée
comme un feu de berger sur la colline
ou comme une étoile inconnue
à qui nous donnons notre chiffre
ou celui de notre compagne
ou celui de l’absente
de la désirée de l’impossible
et cela suffit à notre pas pour que la peur
nous quitte et l’angoisse
de ce qui nous attend derrière la porte
Délivrés de notre poids
si nous marchons c’est comme en rêve
au bout de nous-mêmes il y a une chambre qui ne ferme pas
pareille à un bureau de tabac en plein midi
à une maison de passe à une pharmacie
au ciel de la marelle un jour d’été
une chambre unique où chacun peut entrer
s’asseoir ôter son masque et dire
à son image dans le miroir
je n’y suis pour personne
 
Guy Goffette, Eloge pour une cuisine de province, Champ Vallon, 1988

Poder de la palabra

Souvenir Facebook Lundi 9 septembre 2019

Poder de la palabra…
Gabriel Saad, Todavía, Huerga y Fierro, p. 91

Commentaires :

  • Ludovic Pautier : « Abracadabra, tus cuernos de cabra (Curro Romero por la pluma de Joaquin Vidal un dia de reseña de tarde de toros en Sevilla) »
  • Margarita Saad :
    Ludovic Pautier,  página 168 poema Abracadabra, páginas 169 poema Más balada y página 170 Habas asadas. En Uruguay decimos : abracadabra la pata de la cabra

Jean-Claude Pirotte, Le silence

Souvenir Facebook Vendredi 26 août 2022

Jean-Claude Pirotte, Le silence, Stock, 2016
« Parlerai-je de ma Hollande, celle de l’Est, où le Rhin se passe par le bac, du côté de Wageningen. Parlerai-je de l’enfance entourée de bruyère et de l’amour de mes grands-parents adoptifs. Je ne sais pas. Je me veux bourguignon dans l’âme, et c’est un autre moi qui pleure le souvenir du haut Veluwe et les chemins de sable d’une Gueldre de légende. Le temps de l’enfance est long et volatil. De sa longueur interminable, on ne se souvient jamais. On la regrette seulement, comme on voit s’envoler un vol de grues dans l’automne et disparaître. » (p. 74)
« Car nous sommes aussi – qui le dira ? – amoureux de Mercedes. Ce que Jan croit comprendre, et comment ne pas l’être ? Mais Jan sourit. Et Mercedes s’échappe. Donnez-nous, Seigneur en qui nous ne croyons guère, notre pain d’amour quotidien. Nos rêves seront moins obscurs. Nos jours seront mêlés de tendresse et de désespoir simulé. Ce sera la vie, et la vigne à tailler ne nous refusera pas le spectacle d’un paysage que nous voulons croire éternel. Ce paysage est en nous comme il est au-delà de nous. Il nous emplit comme il nous dépasse. Il émane de nous comme nous émanons de lui […] La Hollande est au bout du monde, et nous-mêmes sommes au bout du monde. » (pp. 77-78)
« Ce paysage, il a beau m’être le décor d’une vie, me reste justement assez étrange pour m’inspirer le songe d’un ailleurs qui serait ici. Je me sens en quelque sorte dépositaire de nombreux ailleurs possibles, dont la perfection me satisfait en me torturant parfois comme une douleur dentaire. Je m’éprouve vivant dans la mesure où ces ailleurs me protègent de je ne sais quelle débâcle de l’âme. Et les mots qui me viennent, je le soupçonne, ne disent hélas que trop peu ce qu’ils serraient affectés à dire. Le démon du vin – j’entends l’être familier, intime, qui habite la vigne – a-t-il quelque parenté avec celui de la littérature ? Suis-je trop jeune encore pour en douter, ou pour m’en douter ? Est-ce que moi aussi je ne lis pas de romans de gare ? Est-ce que j’écris sous l’emprise d’un excès de vin ? Le démon du vin m’inspire-t-il autre chose que des paroles jetées au vent des terrasses de printemps où l’air est lourd de parfums et de palabres. Ou de celles de l’automne où la mélancolie des soirs le dispute en intensité à l’arôme du vin bourru ? L’été, il me semble que je dors. L’hiver je regarde blanchir les crêtes et le noir des ceps trancher dans la lumière oblique des crépuscules. Je n’écris pas, je bois ici et là, n’ayant rien à faire qu’à regarder et écouter les vieux évoquer un temps qui m’est interdit. » (pp. 82-83)
« Je n’ai pas trouvé la poésie dans le vin, mais le vin dans la poésie. » (p. 87)

Souvenir Facebook Dimanche 28 août 2022
« Etait-ce donc cela la poésie ? Cet instant suspendu entre deux états de vie sonores et agités. Je sais aujourd’hui que rien n’est absolument définissable, et que justement ce qui est indéfini forme la matière même de notre appartenance à nous-mêmes, voire à l’espèce humaine. » (p. 67)
« La Hollande est au bout du monde, et nous-mêmes sommes au bout du monde. Que sera notre vie, la question n’a pas de sens. Ce qui semble assuré c’est qu’elle ne sera pas ce que nous croyons en faire. Car nous sommes impuissants face aux rencontres de hasard, de même que les événements lointains qui nous apeurent tendent à infléchir ce hasard. » (p. 78)