Adriana Hoyos, La sed con que mirabas

Souvenir Facebook Jeudi 29 août 2024
 
Oda a Baco
 
De los ríos emerjan los peces
Y sus escamas sean lechos de plata
Para este amor de mediodía
Que nos convoca a la lujuria y al llanto
 
A los extremos del ser
Entre éxtasis y delirio
Fruta sensual que se arrebata
Pura en esta hora
 
Ya no regresarás al hogar amado Baco
Pero tus ojos habrán visto el arco iris del amor
Sentirás como ecos últimos del ser
Las voces que se agitan tras la nubes
 
Adriana Hoyos, La sed con que mirabas, Nautilus ediciones, Zaragoza, 2024.

Jean-Clausde Pirotte, Plein emploi

Souvenir Facebook Dimanche 28 août 2016
 
quand lire c’est recopier, encore et toujours, partager, Jean-Claude Pirotte comme une musique qu’on se passe en boucle

qu’est-ce qu’un sonnet sinon
un tissu de sornettes
un exercice d’enfançon
qui pleure quand on l’embête
 
l’un dit tu te prends la tête
l’autre tu fais des façons
un autre encore tu maltraites
les rythmes et les sons
 
je suis d’accord je laisse
la critique me malmener
je n’en ai cure il est
 
heureux que je me tresse
au front quelques lauriers
histoire de passer l’été

entre, lune, par la soupente
entrouverte car il est temps
d’écrire ensemble la romance
de ton reflet dans les étangs
 
entre poser sur ma main blanche
et ma page tout aussi pâle
ton regard avant que le temps
nous sépare d’un coup d’épaule
 
viens murmurer à mon oreille
ce que ne dit pas le soleil
viens partager ma longue attente
et me dicter les mots de craie
sur l’ardoise de mon enfance

le reflet des livres dans la vitre
à l’heure du dernier rai de lumière
venu de l’échancrure du val
et cet instant suspendu qu’on espère
 
promesse de lendemains
réceptacle de longue mémoire
comme si vivre et mourir
se confondaient en un seul soir
 
mais la clarté se retire
de la vitre et du miroir
et les pins dressés au versant
de la vallée s’éteignent
 
et les voix sur le chemin glissent
nées de cette ombre qui dérive

Jean-Claude Pirotte, Plein emploi