« Mi padre murió […] y sus recuerdos quedaron en ese limbo de la memoria en el que se desvanecen las vidas de los que nos precedieron y a los que no escuchamos cuando estaban vivos. Luego nos arrepentimos de ello y, como yo ahora, tratamos de reconstruir sus pequeñas historias con los retazos de lo que se quedó en el aire y aún alcanzamos a recordar.“
Julio Llamazares, El viaje de mi padre, Alfaguara, 2025, p. 16
« Le texte que vous écrivez doit me donner la preuve qu’il me désire. Cette preuve existe : c’est l’écriture. L’écriture est ceci : la science des jouissances du langage. »
Roland Barthes, Le plaisir du texte, éd. du Seuil, 1973, Paris, p.13-14
l’art et la formule de Jean-yves Pouilloux, sur les traces de Merleau-Ponty sur les traces de Proust – ou l’inverse. mais pas que. aussi : Paulhan, Queneau, Michon, Montaigne, Nicolas Bouvier, P.-A. Jourdan, Alexandre Hollan, etc.
« Comment éviter de réduire la lumière qui baigne le monde à des noms de couleurs… » p. 25
« Il s’agit donc, pour retrouver la vérité de notre perception, de revenir, à travers les strates successives que nos habitudes, nos attentes, notre éducation, nos amours ont déposées entre le monde et nous, jusqu’à cette marque inaperçue qu’une première ouverture a inscrite en nous. Car nous sommes aveugles à ce qui nous entoure, déformant immédiatement ce qui est devant nous par la croyance que nous l’avons sous les yeux, que c’est vers l’extérieur qu’il convient de diriger notre attention. Tout au contraire, c’est en revenant vers nous que nous pourrons, peut-être, rejoindre ce qui est vérité de notre rapport au monde. » p. 37
« Il s’agit pour [Merleau-Ponty] d’aller vers ce qui n’avait pas encore en lui-même été pensé, il s’agit de mettre à l’épreuve le pouvoir de l’expression pour en déployer les capacités de découverte. […] Peut-être est-il possible de concevoir ainsi ce que Merleau-Ponty nomme la « chair » : ce moment de vibration sans cesse renouvelé où se rencontrent la parole humaine et le monde du silence et où s’opère « l’infatigable métamorphose du voyant et du visible, dont le principe est posé et qui est mise en route avec la première vision ». Que Proust ait guidé Merleau-Ponty sur cette voie aventureuse fait peu de doute […] » p. 40
Jean-Yves Pouilloux, L’art et la formule, Gallimard, coll. l’Infini, 2016, 204 p.
« […] selon Démocrite et Epicure, rien ne se crée de rien dans la nature (c.a.d. rien n’est créé). Rien ne se crée de rien, et il est bien évident que les « opera litteraria » le sont à partir des lettres et des mots et des signes de ponctuation, etc. (par simple permutation de ce que Lucrèce appelle « elementeria ». «