le ventail des sens

#intermède #haïku #leventaildessens

Talence 01/11/2018 21:06
le ventail des sens –
c’est le maintenant obscur
poème du jour

je trace de moi

#intermède

Pessac 01/11/2019 22:52
je trace de moi
cette image qui s’efface
trouble miroir
d’un moi recollé

Pétrarque : Les yeux dont je parlais avec chaleur

Souvenir Facebook Mercredi 1 novembre 2023
 
Les yeux dont je parlais avec chaleur,
Les bras, les mains, les pieds et le visage,
Qui m’avaient séparé de moi et fait
Si singulier au milieu de la foule,
 
Et les boucles d’or fin étincelant,
L’éclat furtif de son rire angélique,
Qui faisait sur la terre un Paradis,
Ne sont plus qu’un peu de cendre insensible.
 
Je suis vivant, scandale douloureux,
Privé du jour que j’aimais plus que tout,
Comme une nef sans barre en mer furieuse.
 
Déjà vient la fin de mon chant d’amour,
La veine est sèche de feu mon génie
Et ma lyre ne produit que des larmes.
 
Pétrarque, Canzoniere,
traduction de René de Ceccatty

Jean-Claude Pirotte : Les poèmes de Julius White et Un voyage en automne suivi de Cavale

Souvenir Facebook Dimanche 31 octobre 2021
Jean-Claude Pirotte : Les poèmes de Julius White traduits de l’anglais par Ange Vincent et Un voyage en automne suivi de Cavale

 
« Les poèmes de Julius White »
traduits par Ange Vincent
« Un voyage en automne »
suivi de « Cavale »
 
les mille vies visages de
Jean-Claude Pirotte
comme un poème
comme un roman
 
le blues le fog
des brumes de Londres
aux vagues de l’océan
à Nazaré
 
tu n’es personne
tu passes
au coeur du vieux Lisbonne
quartier de la Mouraria
cette fresque hommage
au fado
 
Fernando
Jean-Claude

Pétrarque : « Puisque la vie est brève »

Souvenir Facebook Mardi 31 octobre 2023 
 
 » Puisque la vie est brève
Et que l’esprit a peur des grands exploits,
Je ne me fierai à aucun des deux.
J’espère faire entendre,
Là où je veux et où elle doit être,
Ma souffrance, par un cri silencieux.
Regard gracieux, où niche l’Amour,
Je vous adresse un si pauvre poème,
Paresseux par lui-même, mais porté
Par l’éloge de vous,
Qui l’éperonne et lui donne des ailes
Chaque jour davantage
Et le libère des trivialités.
J’en ai l’esprit élevé, je vous livre
Des secrets longtemps cachés dans mon coeur.
Oh je sais bien qu’en vous rendant hommage
Je ne rends pas justice à qui vous êtes.
Mais je ne puis résister à l’envie
En moi ancrée depuis
Que ce qu’aucune réflexion n’égale
Par ma plume ou par la plume d’un autre.
Je vous sais la seule à pouvoir comprendre
La source de cette mélancolie.
Quand sous vos feux je me transforme en neige,
C’est mon indignité
Qui suscite votre noble dédain.
Oh, si cette terreur
Ne tempérait l’ardeur qui m’incendie,
Je voudrais m’évanouir : sous ces yeux
Plutôt mourir que de vivre loin d’eux. »
 
Pétrarque, Canzoniere, traduction de René de Ceccatty