Orhan Pamuk, Souvenirs des montagnes au loin

Souvenir Facebook Vendredi 7 & 8 octobre 2022
 
« Je dois écrire sur mon bonheur de recouvrir un dessin de texte. Entre 7 et 22 ans j’ai cru que je serais peintre. A 22 ans le peintre en moi est mort et j’ai commencé d’écrire des romans. En 2008, je suis entré dans une boutique pour en ressortir avec deux grands sacs plein de crayons et de pinceaux, puis j’ai commencé à dessiner sur des petits carnets, entre le plaisir et la crainte. Oui, le peintre en moi n’était pas mort. »
 
« Dans ce roman que je n’ai pu écrire, les personnages K et O, l’écrivain et le peintre, finiront par comprendre, une fois parvenus au-delà des montagnes au loin, à force de se disputer, de se battre, que les MOTS et les images ne font qu’un. Telle était l’énigme cachée derrière les montagnes au LOIN. Et en réalité, ils la connaissaient déjà, par leurs souvenirs…
 
Mais ils firent tout de même le voyage, car savoir n’est pas se souvenir, c’est voir ce dont on se souvient.
L’IDEE DE SE PERDRE DERRIERE LA PLUS LOINTAINE MONTAGNE c’est le rêve de RETROUVER NOS ANCETRES – DE RETOURNER AU PARADIS… J’y étais ! dit alors l’homme.
 
Orhan Pamuk, Souvenirs des montagnes au loin, Carnets dessinés, Gallimard, 2022

Et si le poème, c’était simplement

Souvenir Facebook Vendredi 7 octobre 2022
 
Et si le poème, c’était simplement
ce qui reste en souffrance dans la déchirure
du ciel, comme une valise sans couleur
un gant dans l’herbe – et le rayon de soleil
s’amuse avec les serrures, l’agrafe en fer blanc
cependant que nous restons en retrait
empêtrés dans nos ombres
comme un enfant grandi trop vite
et qui ne sait plus rire.
 
Guy Goffette, Eloge pour une cuisine de province, Champ Vallon, 1988