Le texte que vous écrivez…

#lasecondemain

10/10/2018

« Le texte que vous écrivez doit me donner la preuve qu’il me désire. Cette preuve existe : c’est l’écriture. L’écriture est ceci : la science des jouissances du langage. »

Roland Barthes, Le plaisir du texte, éd. du Seuil, 1973, Paris, p.13-14

Philippe Jaccottet, En personne

Souvenir Facebook Dimanche 8 octobre 2017

Philippe Jacottet, En personne, RTS, 21 avril 1975

un poème est « de tels accords de sonorités, de pensées, d’images, de sons, de sentiments et de sensation, si merveilleusement combinés qu’ils attestent -contre les conditions les pires- qu’il peut y avoir pour l’homme une espèce d’ordre caché, d’ordre secret du monde ».


En 1975, l’émission En personne marche dans les pas du poète Philippe Jaccottet installé à Grignan dans le sud de la France. L’on y découvre ainsi un Jaccottet intime, entouré de sa famille, de ses amis, d’intellectuels proches de son oeuvre qui dressent le portrait de l’homme et de l’écrivain.

Et Philippe Jaccottet livre avec conviction ce qui fait le secret de la poésie: un poème est « de tels accords de sonorités, de pensées, d’images, de sons, de sentiments et de sensation, si merveilleusement combinés qu’ils attestent -contre les conditions les pires- qu’il peut y avoir pour l’homme une espèce d’ordre caché, d’ordre secret du monde ».

Réalisateur : Liliane Annen

Journaliste: José Roy

https://notrehistoire.ch/documents/01k81btzx2x9ms9vt7hv00t8mr

A Niort, avec Claude Andrzejewski et Jean-Claude Pirotte

Souvenir Facebook Dimanche 6 octobre 2024

A Niort, avec Claude Andrzejewski et Jean-Claude Pirotte. « Un ami trop grand ». Tout à l’heure ce livre te servira de guide au Musée Bernard d’Agesci. Je pense que ça va être une belle visite. Derrière toi, sans doute, le fantôme de Jean-Claude. Une histoire de miroirs. Encore.

>> Visite virtuelle du musée Bernard d’Agesci de Niort

>> Visite virtuelle du musée Bernard d’Agesci de Niort

Au bout de la nuit il y a une chambre…

Souvenir Facebook Jeudi 6 octobre 2022
 
Pessoa
 
Au bout de la nuit il y a une chambre toujours qui reste éclairée
comme un feu de berger sur la colline
ou comme une étoile inconnue
à qui nous donnons notre chiffre
ou celui de notre compagne
ou celui de l’absente
de la désirée de l’impossible
et cela suffit à notre pas pour que la peur
nous quitte et l’angoisse
de ce qui nous attend derrière la porte
Délivrés de notre poids
si nous marchons c’est comme en rêve
au bout de nous-mêmes il y a une chambre qui ne ferme pas
pareille à un bureau de tabac en plein midi
à une maison de passe à une pharmacie
au ciel de la marelle un jour d’été
une chambre unique où chacun peut entrer
s’asseoir ôter son masque et dire
à son image dans le miroir
je n’y suis pour personne
 
Guy Goffette, Eloge pour une cuisine de province, Champ Vallon, 1988

Jean-Yves Pouilloux, L’art et la formule

#lasecondemain

06/10/2017
 
l’art et la formule de Jean-yves Pouilloux, sur les traces de Merleau-Ponty sur les traces de Proust – ou l’inverse. mais pas que. aussi : Paulhan, Queneau, Michon, Montaigne, Nicolas Bouvier, P.-A. Jourdan, Alexandre Hollan, etc.
 
« Comment éviter de réduire la lumière qui baigne le monde à des noms de couleurs… » p. 25
 
« Il s’agit donc, pour retrouver la vérité de notre perception, de revenir, à travers les strates successives que nos habitudes, nos attentes, notre éducation, nos amours ont déposées entre le monde et nous, jusqu’à cette marque inaperçue qu’une première ouverture a inscrite en nous. Car nous sommes aveugles à ce qui nous entoure, déformant immédiatement ce qui est devant nous par la croyance que nous l’avons sous les yeux, que c’est vers l’extérieur qu’il convient de diriger notre attention. Tout au contraire, c’est en revenant vers nous que nous pourrons, peut-être, rejoindre ce qui est vérité de notre rapport au monde. » p. 37
 
« Il s’agit pour [Merleau-Ponty] d’aller vers ce qui n’avait pas encore en lui-même été pensé, il s’agit de mettre à l’épreuve le pouvoir de l’expression pour en déployer les capacités de découverte. […] Peut-être est-il possible de concevoir ainsi ce que Merleau-Ponty nomme la « chair » : ce moment de vibration sans cesse renouvelé où se rencontrent la parole humaine et le monde du silence et où s’opère « l’infatigable métamorphose du voyant et du visible, dont le principe est posé et qui est mise en route avec la première vision ». Que Proust ait guidé Merleau-Ponty sur cette voie aventureuse fait peu de doute […] » p. 40
 
Jean-Yves Pouilloux, L’art et la formule, Gallimard, coll. l’Infini, 2016, 204 p.
 
et aussi quelques extraits en ligne sur google books : https://goo.gl/H8ukwP