Souvenir Facebook Jeudi 6 octobre 2022
Pessoa
Au bout de la nuit il y a une chambre toujours qui reste éclairée
comme un feu de berger sur la colline
ou comme une étoile inconnue
à qui nous donnons notre chiffre
ou celui de notre compagne
ou celui de l’absente
de la désirée de l’impossible
et cela suffit à notre pas pour que la peur
nous quitte et l’angoisse
de ce qui nous attend derrière la porte
Délivrés de notre poids
si nous marchons c’est comme en rêve
au bout de nous-mêmes il y a une chambre qui ne ferme pas
pareille à un bureau de tabac en plein midi
à une maison de passe à une pharmacie
au ciel de la marelle un jour d’été
une chambre unique où chacun peut entrer
s’asseoir ôter son masque et dire
à son image dans le miroir
je n’y suis pour personne
Guy Goffette, Eloge pour une cuisine de province, Champ Vallon, 1988

